Une centaine d'espèces de lémuriens vivent à Madagascar, et nulle part ailleurs sur Terre. Mais l'île fait la taille de la France, les routes sont lentes, et chaque parc abrite des espèces différentes : impossible de tout voir en un voyage. Voici les six parcs qui comptent vraiment, du plus accessible au plus sauvage, pour construire un itinéraire qui a du sens.
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© Martin Brechtl / UnsplashAndasibe, le point de départ évident
À quatre heures de route à l'est d'Antananarivo, Andasibe-Mantadia est le parc à lémuriens le plus accessible du pays, et le seul endroit au monde où entendre le chant de l'indri, le plus grand lémurien vivant. Son cri, entre chant de baleine et sirène, porte à des kilomètres à travers la vallée au lever du jour. Onze espèces vivent ici, dont le propithèque à diadème. Une marche guidée coûte 15 à 35 dollars par personne (tarifs 2026), et les marches de nuit en lisière révèlent microcèbes et lépilémures à la lampe torche.
Ranomafana, pour les espèces introuvables ailleurs
Dans les brumes des hautes terres, à huit heures au sud de la capitale sur la RN7, Ranomafana protège douze espèces dont le hapalémur doré, découvert ici en 1986 et visible nulle part ailleurs en circuit classique. Les sentiers sont raides et boueux, il faut une condition physique correcte, mais on voit couramment trois à cinq espèces en une seule matinée. Comptez 20 à 40 dollars l'entrée avec guide.
Anja, le royaume du maki catta
Le lémurien star, celui à la queue rayée, vit dans le sud. La réserve communautaire d'Anja, près d'Ambalavao sur la RN7, en abrite environ 400, habitués et faciles à approcher, qui prennent le soleil sur des blocs de granit. C'est aussi un beau modèle : la réserve est gérée par le village, et les revenus y restent. L'entrée avec guide coûte 10 à 20 dollars. Un mot sur Berenty, la réserve privée historique du grand sud : elle reste connue pour ses propithèques de Verreaux, mais des problèmes de bien-être animal y sont documentés, liés à des plantations d'arbres non natifs. Anja est aujourd'hui le meilleur choix pour les makis.
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© Duminda Perera / UnsplashKirindy, pour le plus petit primate du monde
Près de la célèbre allée des baobabs, la forêt sèche de Kirindy est le seul endroit sur Terre où voir le microcèbe de Madame Berthe : neuf centimètres, le plus petit primate du monde. Il faut une marche de nuit pour le trouver, mais la forêt offre aussi propithèques de Verreaux en journée et, avec de la chance, le fossa, l'unique grand prédateur de l'île. Attention à la saison : contrairement aux autres parcs, Kirindy est meilleur en été austral, de janvier à février.
Masoala, pour ceux qui veulent la vraie forêt
Masoala est la version expédition : une péninsule de forêt primaire accessible uniquement en bateau depuis Maroantsetra, une à trois heures de navigation. On y va pour le vari roux, un grand lémurien flamboyant endémique de cette côte, et pour la forêt elle-même, la plus intacte du pays. Les séjours durent trois à cinq nuits, et de juillet à septembre les baleines à bosse mettent bas dans la baie d'Antongil, juste en face.
Montagne d'Ambre, l'étape du nord
Si votre itinéraire passe par le nord (Diego Suarez, Nosy Be), la Montagne d'Ambre offre des lémuriens couronnés faciles à voir le long de sentiers frais et ombragés, entre cascades et lacs volcaniques. Une demi-journée guidée coûte 25 à 50 dollars.
Quand partir, et comment organiser
La fenêtre idéale pour presque tous les parcs va de septembre à novembre : sentiers secs, lémuriens actifs, et les petits de l'année commencent à sortir. L'itinéraire le plus efficace reste la RN7 vers le sud (Andasibe en aller-retour depuis Tana, puis Ranomafana et Anja sur la route), avec Kirindy ou Masoala en extension pour les plus motivés. Deux parcs bien choisis suffisent à voir six à dix espèces : mieux vaut deux jours par parc qu'une course à travers l'île.




